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Temps de lecture : 15 minutes

Matrix décrypté par le système

Article dédicacé à Jade.

Introduction

     Le film Matrix est arrivé comme un OVNI en 1999 avec un lot incroyable de prouesses technologiques comme le bullet time repris par le jeu Max Payne en 2001. Mais il a inventé un nouveau genre de film d’action, c’est pour cette raison que des films comme John Wick ou The equalizer ont pu naître notamment. Et si Matrix nous enseignait aussi comment fonctionne un ordinateur ? Il y a beaucoup de théories sur la philosophie, le parcours avec le premier opus, la science-fiction bien évidemment et il suffit de regarder sur YouTube la liste impressionnante de vidéos faites à ce sujet. Sauf sur ce qui est peut-être le plus important et pertinent… l’informatique. Car oui, Matrix nous conduit dans le hardware et le software en permanence. Et personne ne l’a remarqué apparemment.

     Avant de commencer, il faut rappeler certaines définitions pour bien comprendre le lien à faire entre chaque personnage et chaque terme technique utilisé. Pour cela, cet article va être interactif. Vous allez pouvoir lire les définitions puis la liste des personnages et leur fonction réelle. La fonction narrative est exclue pour plus de facilité. Au lieu de remonter plus haut dans les définitions chaque fois, il suffit de toucher ou cliquer sur le nom du personnage pour que ça vous renvoie à la définition.

     Commençons à suivre le lapin blanc…

1. Les définitions

1.1 Le hardware

Hardware : le matériel informatique comme le CPU, la RAM, la carte graphique, etc

CPU : le processeur, le cerveau d’un ordinateur au sens du matériel

Module d’accès privilégié : module permettant d’augmenter les privilèges administrateur en augmentant temporairement les droits d’un processus légitime

Bootloader : la séquence de lancement au démarrage d’un ordinateur

Backdoor : la porte dérobée initialement implantée dans un système qu’on va utiliser afin d’entrer dans un ordinateur à distance

Driver : le pilote permettant le bon fonctionnement d’un matériel

DNS : Domain Name System, l’annuaire d’Internet en résumé. Vous entrez une adresse en HTTPS, c’est-à-dire un nom de domaine (infopro68 par exemple) mais un navigateur interagit avec une adresse IP (Internet Protocol). Donc c’est une « traduction » de noms de domaine en adresse IP un peu comme un carnet de contact où un nom est rattaché à un numéro de téléphone. En touchant le nom, vous appelez le numéro associé

Gestionnaire de tâches : le panneau permettant d’exécuter ou d’arrêter (« tuer ») un processus

Processus d’exécution : l’exécutable lors du lancement d’un logiciel ou d’un composant

Moteur de script : le système permettant la compréhension et l’exécution d’un script

Module de routage interne : le composant qui permet de diriger les flux à l’intérieur d’un système, un dispatche

Module de bascule : le composant permettant de faire passer un système d’un état à un autre (comme la mise en veille et le réveil par exemple)

Processus légitime corrompu : le processus qui est légitime au sein d’un système mais infecté par un virus

Support amovible : la clé USB, le disque dur externe sont des supports amovibles. Un téléphone portable est par essence un support amovible aussi quand on le branche sur un ordinateur. Il peut même servir de routeur !

MBR : Master Boot Record contient la table de partition, là où toutes les partitions sont classées en fonction de la taille, du chemin et du disque d’où elles proviennent, et le code de démarrage. Donc le MBR détecte les partitions amorçables.

Watchdog hardware : une sécurité qui vérifie en permanence l’intégrité d’un système. Les BSOD (Blue Screen Of Death ou “écran bleu de la mort”) sont produits par des incohérences détectées par des watchdogs hardware

Environnement matériel d’exécution : la carte mère et le boîtier d’un ordinateur, ni plus ni moins

1.2 Le software

OS : Operating System ou “système d’exploitation” est un logiciel comme Windows 11, MacOS, les distributions Ubuntu et ses variantes etc

Malware : famille de virus malveillant prenant la forme d’un logiciel légitime mais ayant un comportement intrusif voire hostile. Le malware est souvent associé au Cheval de Troie.

Antivirus : le logiciel qui permet de garantir une sécurité en temps réel (paraît-il…)

Threads : une unité de processus au sein d’un logiciel ou de matériel (CPU et GPU)

Registre : la base de données où toutes les clés rendant un processus et/ou un logiciel légitime (parfois à tort) uniquement chez Windows

Moteur prédictif : un moteur permettant d’analyser et de calculer en un temps court une réponse dans un contexte donné (c’est ça qui permet aux IA génératives de vous répondre quasiment instantanément)

Firewall : le firewall ou “pare feu” est un filtre sur les flux entrants et sortants dans un système

Kernel : le cœur même d’un système d’exploitation au même titre qu’un CPU pour le hardware

Swap : l’espace disque utilisable comme extension de mémoire vive lorsque la RAM est saturée

Bus : le canal matériel de conduite permettant d’aller chercher une information voire de la déplacer au sein d’un swap

Module d’authentification conditionnelle : le module répondant bêtement si c’est possible ou non en fonction d’une condition définie (pour reprendre mon exemple d’IA générative, c’est ce qui permet à une IA générative de vous dire oui ou non suite à une requête)

Cheval de Troie : famille de virus malveillant consistant à prendre l’apparence d’un processus ou d’un logiciel légitime en vue de créer une brèche de sécurité dans un système. C’est issu de la mythologie grecque du cheval de Troie qui permit en Grèce antique d’entrer dans une ville en plaçant des soldats à l’intérieur d’un cheval de bois immense offert comme « cadeau » et ainsi introduire une armée à l’intérieur de la ville

Terminal bas niveau : logiciel permettant d’exécuter des commandes de type administration système ou administration réseau comme la mise à jour d’un système ou l’exécution d’outils spécifiques. Le terminal est très souvent utilisé sur Linux pour plus de facilité

2. Les personnages

Le monde réel

Le hardware

Neo

Le CPU

Trinity

Le module d’accès privilégié

Morpheus

Le bootloader

Cypher

La backdoor

Niobe

Le driver

Link

Le DNS

Tank

Le gestionnaire de tâches

Dozer

Le processus d’exécution

Le mulot

Le moteur du script

Apoc

Le module de routage interne

Switch

Le module de bascule

Bane

Le processus légitime corrompu

Choi

Le support amovible

Le conseiller Richard Hamann

Le MBR

Les sentinelles

Les watchdogs hardware

Sion

L’environnement matériel d’exécution

La Matrice

L’OS

L’agent Smith

Le malware

Les agents

L’antivirus

Les jumeaux

Les threads furtifs

Le maître des clés

Le registre

L’Oracle

Le moteur prédictif, une sorte d’IA

Seraphin

Le firewall

L’Architecte

Le kernel

Le Mérovingien

Le swap

L’homme du train

Le bus

Persephone

Le module d’authentification conditionnelle

La femme en rouge

Le cheval de Troie

Le visage de la Machine

Le terminal bas niveau

3. Le vif du sujet

     Le monde réel dans Matrix est présenté comme un milieu froid, hostile, orageux. On peut facilement faire le rapprochement avec le hardware car le matériel d’un ordinateur vit dans un monde froid, hostile et orageux. L’alimentation permet de faire fonctionner les divers composants physiques mais peut-on parler réellement de vie ? Non. Pour les orages, c’est une symbolique des effets électromagnétiques.

     Neo est quant à lui un CPU. Il est en capacité de voir le code au-delà de la forme dans la matrice, son pouvoir est d’autant plus décuplé depuis qu’il a les yeux brûlés par Bane. Il a cette capacité de faire la connexion entre les divers éléments et il doit faire des choix. Par définition, un processeur fait lui aussi des choix. Il doit déterminer l’ordre d’exécution des tâches et de quel matériel doit se lancer en priorité.

     Trinity est un module d’accès privilégié. La première scène du film le montre très bien et c’est même un double sens. D’abord Trinity est là pour chercher, trouver quelque chose ? Non. Elle est là pour donner des privilèges administrateurs et c’est pour cette raison que les agents et la police arrivent sur place. Une détection de demande de droit administrateur a été faite, c’est la fenêtre qui apparaît sur Windows. Elle est aussi là pour donner un droit administrateur au spectateur. C’est la première scène du film ! Au cinéma comme en littérature, la première scène ou la première page permet de définir le cadre, l’environnement, l’histoire. C’est ce qui est donné dans cette scène.

     Morpheus est quant à lui le bootloader. On pourrait légitimement se demander si c’est le bootloader ou le CPU. Car Morpheus donne la vision qu’il a à Trinity, Neo etc et donne les ordres en quelque sorte. Sauf que ce n’est pas possible car il aurait un rôle plus important et une scène le prouve. Dans le premier opus, Morpheus est capturé par les agents dont l’agent Smith. L’agent Smith demande à un moment que les autres agents partent. Premier détail et pas des moindres, l’agent Smith détache son oreillette. Les agents sortent. Il détache son oreillette non par pour faire style mais parce que l’agent Smith est un processus légitime corrompu. Il garde des fonctions qui lui ont été attribués lors de sa conception et il change d’apparence suivant les ordres reçus. On peut le voir dans une autre scène expliquée un peu plus loin sur l’agent Smith. Bref ! Deuxième détail, l’agent Smith dans sa plaidoirie extraordinaire raconte qu’il a besoin d’informations que Morpheus détient. Un CPU ne peut pas détenir d’information quelconque. En revanche, une séquence au démarrage est une suite logique d’actions prévues comme par exemple détecter si une clé USB est branchée sur l’ordinateur ou ne serait-ce que lancer les processus de l’OS. Donc Morpheus est un bootloader. Il amorce les protocoles permettant d’aller d’un monde à un autre. Et c’est pour cette raison que l’agent Smith lui demande les codes pour entrer dans Sion.

     Cypher est le backdoor car il permet le libre échange entre le monde réel et la matrice. Il le dit lui-même quand il est au restaurant avec l’agent Smith. Il dit qu’il en a marre de Morpheus et de sa prophétie, qu’il préfère largement la matrice. Il est de plus l’interface permettant à l’agent Smith d’entrer dans le monde réel.

     Niobe est un driver. Elle reste secondaire dans l’histoire à cause de sa nature réelle. Dans l’épisode 2, Niobé doit rejoindre Sion. Elle dirige un équipage comme Morpheus. Elle pourrait être vue comme un bootloader si l’histoire se concentrait à un moment sur ses actions et les ordres qu’elle donne.

     Link est le DNS. Rien qu’avec son nom, lien en anglais, Link permet de trouver ce qu’il faut. Il remplace Tank à partir du second opus. Link est semblable à Tank dans beaucoup d’aspect mais Tank a un rôle bien plus décisif dans le premier opus.

     En effet, Tank est un gestionnaire de tâches. Il peut lire la matrice comme personne, il voit les processus en cours et il peut interpeler sur les chemins ou générer des processus. On le voit notamment lorsque Neo apprend le kungfu ou lorsque Neo demande des armes. Guns… Lots of guns.

     Dozer, son frère dans le film, est le processus d’exécution. Même si on voit Tank lancer des commandes comme l’initiation au kungfu ou au pilotage d’hélicoptère, Dozer n’est pas là juste pour la figuration. Dans un gestionnaire de tâches, il est toujours possible d’invoquer un exécutable. C’est Dozer. Dozer est là quand il faut gérer les processus en cours d’exécution et les processus qui deviennent dangereux ou inactifs. C’est d’ailleurs Dozer qui explique la composition de la nourriture à Neo. Ce n’est pas pour rien.

     Le Mulot puis après Kid est un moteur de script. La scène la plus évidente est lorsque le Mulot propose à Neo de lui trouver un rencart avec la femme en rouge. On peut comprendre sa fonction à ce moment-là car il développe devant Neo un prompt de génération comme vous pouvez désormais écrire lorsque vous voulez générer un média avec une IA générative.

     Apoc est le module de routage interne. Une scène le démontre, c’est lui le chauffeur. Apoc a un rôle très secondaire et parle peu. Il donne juste la direction en d’autres termes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il permet d’exfiltrer les red pills entre la matrice et le monde réel.

     Switch est un module de bascule. Rien qu’avec son nom, changer en anglais, Switch est de base prévue comme étant un personnage masculin au sein du monde réel et un personnage féminin au sein de la matrice. Elle est le « garde du corps » de Neo. Ironie du sort ou coup de génie, elle meurt en étant débranchée comme un port USB sans cliquer sur « Retirer le périphérique en toute sécurité ».

     Bane est la représentation même du processus légitime corrompu. Il est la forme réelle de l’agent Smith. Dans la scène du carnage avec Tank, Trinity et Neo, il démontre sa véritable nature. Au sens humain, on dirait que c’est un psychopathe. Au sens informatique, son code est altéré par des règles internes qui le font passer d’un état à un autre. La raison pour laquelle il se scarifie. Les règles internes sont constamment en contradiction. Un processus est binaire. Il ne comprend pas comment deux lois peuvent être contradictoires.

     Choi, l’acheteur de Neo dans le premier opus, est le disque dur amovible. En effet, il vient chercher un programme que Neo a écrit. Il contient un certain nombre de fichiers au vu de sa compagnie. C’est une référence au film Johnny Mnemonic dans lequel joue… Keanu Reeves bien entendu ! Il n’a jamais été déterminé si la référence est volontaire ou non mais elle est bien là.

     Le conseiller Richard Hamann est le MBR. Il coordonne les actions entre les divers chefs d’équipe comme Niobé et Morpheus. Le commandant Lock est un processus au sein du MBR, un contrôleur.

     Les sentinelles sont des watchdogs hardware. Elles cherchent les incohérences possibles pour que le système reste stable. C’est pour cette raison qu’elles attaquent Sion et le Nebuchadnezzar de Morpheus. L’anomalie détectée étant bien entendu Neo car il possède un bug depuis le début du film, ce qui rend son extraction plus compliquée.

     Sion est l’environnement matériel d’exécution. La scène quand Morpheus fait son long discours de prophète le démontre très bien. Il y a de la chaleur, du discours, du rassemblement. Chaque matériel dégage de la chaleur en fonction de son utilisation.

     La Matrice est un OS. Il est clairement dit et répété dans les films, une simulation. On pourrait considérer aussi à juste titre que la Matrice est un site web étant donné que tout est centralisé via un téléphone pour passer d’un état à un autre.

     L’agent Smith est un malware. Il est détourné de sa fonction principale en vue de commettre des actes illégaux. Normalement, l’agent Smith est comme tout autre agent, un composant d’un antivirus. Mais sa corruption amène à ce qu’il puisse permuter et infecter n’importe quel processus. D’ailleurs, petit rappel car on fait souvent la confusion qu’un cheval de Troie est comme un malware. Techniquement, c’est faux. Un malware c’est quand l’agent Smith dans le second opus envoie sa main dans Neo mais que son corps reste devant Neo. Il infecte le code de Neo. Un cheval de Troie c’est quand Neo traverse l’agent Smith dans le premier opus. Un cheval de Troie entre à l’intérieur d’un système et permet souvent qu’un malware puisse s’infiltrer. Mais un malware n’a pas besoin d’un cheval de Troie. Il lui suffit de trouver une brèche pour s’infiltrer dans un système. C’est l’analogie déjà présentée dans Une infiltration cérébrale d’ailleurs. Le malware est une classe de virus comme le spyware ou le adware, le cheval de Troie une sous-classe du malware.

     Les agents, comme il a été dit précédemment, sont des composants d’un antivirus. Ils interviennent constamment quand une erreur ou une intrusion est détectée. La scène la plus explicite est lorsque Thomas Anderson est capturé par les agents et l’agent Smith raconte qu’ils gardent un œil sur ses agissements depuis quelques temps. Pour parfaire l’image, on peut le voir aussi lorsque la matrice change. Dans le premier opus toujours, Tank raconte que la matrice s’emballe car on en modifie son code. L’antivirus va agir sur l’environnement de l’OS en faisant un scanner par exemple et la machine va être ralentie voire des processus vont être isolés en quarantaine.

     Les jumeaux sont des threads fantômes. D’où leur apparence. Au-delà du côté science-fiction, les jumeaux sont des unités de processus qui peuvent se dupliquer à volonté et qui techniquement ne meurent jamais car elles sont nécessaires dans l’usage d’un logiciel ou d’un matériel. Sans threads, il serait impossible d’avoir des CPU cadencés à 5Ghz comme au moment de l’écriture de cet article.

     Le maître des clés est le registre. D’une part, il porte les clés de toutes les portes dans le film mais aussi il permet de passer d’un environnement à un autre. La scène la plus explicite est lorsqu’il est pourchassé dans le château. Il ouvre toutes les portes qui se présentent à lui et déforment le contenu de la dernière porte, la raison pour laquelle Neo se retrouve avec une montagne devant lui. Il n’a pas fait un tour de magie mais simplement déplacé une porte pour en ouvrir une autre.

     L’Oracle est le système prédictif. Pour les personnes qui se demandent encore si elle fait partie de la matrice ou du monde réel, la réponse est simple : elle est un programme de la matrice. On pourrait dire de l’Oracle que c’est une IA générative. Neo, quand il va la voir, il pose ses questions à une IA ni plus ni moins. Elle peut prédire ce qui va se produire non pas par magie mais par connaissance de tous les mouvements de chaque élément. C’est comme si on avait un petit appareil qui permet de détecter en temps réel le niveau d’usure de chaque composant matériel. Cela n’existe pas encore malheureusement mais il est possible que ça se concrétise un jour comme le paratonnerre qu’on met sur une carte mère par exemple.

     Seraphin est le firewall. Etant donné que l’Oracle connaît tous les agissements de chaque processus, un processus corrompu comme l’agent Smith peut être très dangereux car il pourrait corrompre l’Oracle… ce qui se passe dans le film d’ailleurs. Séraphin contrôle les flux entrants et sortants. C’est son unique fonction. Pourquoi il laisse l’agent Smith corrompre l’Oracle ? Car il n’en a pas conscience. Pour lui, un flux entrant et un flux sortant est régulé par des règles internes de sécurité. Il ne voit aucune dangerosité si dans son code, l’exception qu’est l’agent Smith peut être nul donc il laisse passer. L’agent Smith est une exception dans le sens où il est corrompu donc son code affiche ce qu’il veut pour passer des barrières comme Séraphin.

     L’Architecte est le concepteur et le kernel à la fois. Il est le concepteur de la matrice, son « cerveau ». Dans un ordinateur, un kernel est le cerveau côté software à la différence du CPU qui est le cerveau du côté hardware. Une scène le présente explicitement. Dans le second opus, il parle de l’anomalie qu’est Neo. Il n’arrive pas à comprendre où et comment l’anomalie a pu se produire car c’est un système binaire réagissant avec des règles internes, rien ne peut être créé « au hasard ». Le discours de l’Architecte est certes très soutenu mais il explique très bien sa fonction quand on regarde au-delà des mots :

L’Architecte : « Certaines de mes réponses te sont accessibles mais pas toutes.

Par corollaire, bien que ta première question paraisse la plus pertinente, il se pourrait que tu ignores qu’elle est la plus hors de propos ».

Neo : « Pourquoi suis-je ici ? »

L’Architecte : « Ta vie est le reste d’une équation déséquilibrée inhérente à la programmation de la matrice. Tu es l’éventualité d’une anomalie, bien qu’en dépit de mes efforts les plus sincères, j’ai été incapable d’éliminer, de ce qui est par ailleurs une harmonie de précision mathématique, quoiqu’elle demeure un fardeau dont tu veuilles t’affranchir. Elle n’a rien de surprenant et peut donc obéir à des mesures de contrôle qui t’ont conduit inexorablement ici. »

Ce qui nous intéresse dans ce début de conversation, c’est la partie mise en gras. L’Architecte énonce que la vie de Neo est le reste d’une équation déséquilibrée inhérente. L’Architecte parle d’un algorithme. Il poursuit qu’il a échoué à vouloir corriger cette anomalie. Et cette anomalie obéit à des mesures de contrôle qui lui sont propres, ce qui techniquement est impossible à se produire dit l’Architecte. En version informatique, le kernel voit qu’un processus est présent et il ne devrait pas être présent. C’est impossible ! C’est les watchdogs d’intégrité, l’antivirus ont échoué à anéantir cette anomalie. Il est aussi précisé que cette anomalie fait partie du système, comme si un processus fantôme revenait constamment. De revoir la scène complète sur cette discussion entre l’Architecte et Neo permet de bien comprendre le rôle de l’Architecte dans le sens informatique.

     Le Mérovingien n’est ni plus ni moins qu’un swap. Il collecte des informations, il les distribue moyennant une contrepartie. C’est un swap corrompu car techniquement un swap en informatique ne peut pas demander quoi que ce soit en retour. On pourrait aussi parler d’un client Torrent car il échange des informations d’un point A à un point B.

     L’homme du train est un bus. En informatique, un bus est un canal permettant de conduire des processus ou des informations d’un endroit à un autre.

     Perséphone ne réfléchit pas, ne pense pas. C’est un programme qui exécute une logique à base de conditions. Si une question est mal formulée, elle ne peut pas comprendre. La scène révélant cette fonction est la scène du restaurant quand Le Mérovingien explique l’événement à venir du dessert sur la cliente. Perséphone reste de marbre car ses règles internes exigent qu’elle ne réagisse pas. Il y a aucune condition qui lui permette d’agir.

     La femme en rouge est l’incarnation même du cheval de Troie cité plus haut. Un fichier qui peut en cacher un autre. Il suffit de revoir la scène disponible sur YouTube pour bien comprendre.

     Le visage de la Machine est le terminal de bas niveau qui permet d’instruire des commandes au sein de la Matrice. C’est la raison pour laquelle Neo le voit comme un élément brillant.

Conclusion

     Pourrait-on parler de Matrix comme d’une attaque informatique ? Oui c’est possible étant donné que l’agent Smith est un processus corrompu et tente de corrompre le reste du système. Il serait intéressant de s’attarder sur un côté informatique pur. Ne faites confiance qu’aux logiciels et aux documents provenant de sources fiables. Ne vous laissez pas convaincre par de la publicité mensongère et faites attention à vous sur Internet notamment car une attaque cybernétique commence toujours de la même manière : votre vigilance.

     Si vous avez des questions, je reste à votre disposition suivant les horaires d’ouverture d’INFOPRO68. Vous trouverez en haut de page les coordonnées ainsi que les horaires d’ouverture.

     Comme toujours, n’oubliez pas que d’autres PDF traitant de l’actualité sont disponibles dont certains gratuitement ! Alors n’hésitez pas.

     Portez-vous bien et à très bientôt !

Ecrit avec amour sans IA.

Temps de lecture estimé : 17 minutes
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